| Plaidoyer pour une intervention moins invasive
Une équipe multidisciplinaire du CHU Sainte-Justine a traité avant la naissance un fœtus porteur d’un goitre hypothyroïdien. Vu la rareté de cette condition, le peu d’études rapportées décrivaient des approches thérapeutiques très agressives. Les spécialistes du CHU Sainte-Justine démontrent avec ce cas qu’une approche moins invasive permet un accouchement normal sans nuire à la mère et sans nuire au développement futur du nouveau-né. Les résultats de cette étude sont publiés dans l’édition en ligne du 22 mars de la revue The Journal of Pediatrics.
Reconnaissance et prise en charge précoce
Cet article fait état du suivi d’une femme enceinte dont le fœtus de 19 semaines présentait un goitre découvert à l’échographie. La fonction thyroïdienne de la mère était normale alors que le fœtus était hypothyroïdien. L’équipe de spécialistes a convenu de suivre le fœtus par des échographies aux deux semaines et de n’intervenir que s’il y avait compression trachéo-oesophagienne par le goitre, ce qui se traduit par une forte augmentation de la quantité de liquide amniotique. Pour l’équipe de spécialistes, l’objectif premier était de pouvoir offrir à la mère un accouchement par voie naturelle tout en s’assurant du développement ultérieur normal du nourrisson.
Le but premier : ne pas nuire
Bien que l’équilibre hormonal thyroïdien soit important dans le développement du fœtus, une correction trop agressive d’une hypothyroïdie fœtale par des injections répétées d’hormones thyroïdiennes dans la cavité utérine n’est pas nécessaire et engendre plus de risques que de bénéfices. Dans le cas décrit, trois injections amniotiques ont suffi à contrôler la situation. Le nouveau-né a été traité dès le premier jour de vie avec des hormones thyroïdiennes et son développement neurologique est normal.
C’est pourquoi, lorsque l’on diagnostique un goitre chez le fœtus, il est important de suivre la condition tout au long de la grossesse. L’échographie donne au clinicien une définition précise de la condition du fœtus, permet d’intervenir tôt et d’évaluer facilement les effets du traitement.
Ce cas a donc nécessité une approche multidisciplinaire impliquant une gynécologue
(Dre Diane Francoeur), une radiologue (Dre Andrée Grignon) et les endocrinologues
(Drs Sophie Stoppa-Vaucher, Nathalie Alos et Guy Van Vliet), sous la responsabilité du Dr Johnny Deladoëy. Il s’agit du premier cas ainsi traité au Canada.
À propos de l’étude :
L’article Non-immune goiter and hypothyroidism in 19- week fetus : A plea for conservative management, publié dans la revue The Journal of Pediatrics, est signé par Sophie Stoppa-Vaucher, Diane Francoeur, Andrée Grignon, Nathalie Alos, Joachim Pohlenz, Pia Hermanns, Guy Van Vliet et Johnny Deladoëy du CHU Sainte-Justine et du Département de l’Université de Montréal.
Sur le web :
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Source :
Nicole Saint-Pierre CHU Sainte-Justine Téléphone : 514 345-4931 poste 2555 Nicole_saint-Pierre@ssss.gouv.qc.ca |